Victoria, la consécration pour Virginie Efira!

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Victoria, la consécration pour Virginie Efira!
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Encore un film avec Virginie Efira! A croire qu’elle commence à faire partie des actrices qui comptent dans le cinéma français et ce nouveau film confirme ses talents.

Elle campe ici un personnage complexe – Victoria Spick, avocate pénaliste – qui vit seule avec ses deux enfants. Sa vie bascule suite au mariage d’un de ses meilleurs amis – Vincent (Melvil Poupaud) – ou elle se lit étrangement avec un ancien dealer – Sam (Vincent Lacoste) – qu’elle a défendu. Parallèlement, un drame se joue ce soir là, la mariée est poignardée et son mari (Vincent) est accusé de tentative de meurtre sur sa compagne justement ce soir de fête. Victoria accepte de défendre Vincent, le début de multiples drames qui vont la plongé en dépression…

Mon avis sur « Victoria »

Un film surprenant, mélangeant comédie et drame avec talent. Il y a quelque chose de très américain dans le déroulement des situations, et des personnages de décalé et très frais. Notamment Sam, l’ex-dealer que Victoria héberge temporairement, campé par Vincent Lacoste naïf, et nonchalant comme à son habitude apporte de l’optimisme et de la légèreté à cette femme perdu et volage. Une multitude de cataclysmes pour cette Victoria, jeune femme complexe qui ne sait comment mener sa vie face à cette avalanche.

On aurait pu plonger facilement dans le drame pur et simple, et c’est là tout l’art de la réalisation : proposer une comédie amère, tout à fait ancrée dans son époque et qui nous évite une dramaturgie excessive.

Une belle réussite, qui va certainement permettre à Virgine Efira d’être enfin cataloguée comme une véritable actrice de talent tant dans l’émotion que dans le rire.


Appréciation globale ★★★★☆

Scénario ★★★★☆
Jeu d’acteurs, crédibilité ★★★★☆
Ambiance & esthétique visuelle et sonore ★★★★☆

Victoria et rien d’autre

Ce qui m’a frappé dans ce film, c’est la capacité à se focaliser uniquement sur Victoria. Cette femme d’apparence forte, indépendante de part son métier qui perd pied peu à peu. Tout est axé sur sa vie certes, mais surtout sur ses échecs, sa capacité et à se laisser porter par tout ce qui se produit autour d’elle. Ici, tout est floue d’une certaine manière, ses enfants ne sont pas mis au premier plan, et ne constitue pas le sel de sa vie, elle tente de donner un sens à ce qu’elle traverse via son travail, c’est-ce qui lui maintient la tête hors de l’eau.

Cette plongée dans sa dépression décrit bien les symptômes face à ce type de pathologie : isolement, transparence des autres, s’occuper tant bien que mal, ne plus pouvoir affronter le quotidien… Par l’appartement de Victoria déjà terne et sans âme, est constamment une porcherie et ses enfants sont livrés à eux-mêmes malgré une mère présente mais au mauvais sens du terme.

Pas de chaos outre mesure, ou de grandes envolées de tristesse, juste un fil mélancolique qui s’installe sans crier gare, Victoria se recroqueville, et l’on se focalise également sur elle, le reste se mesure à distance.

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Un point intéressant du film reste la manière dont cette histoire est traitée. L’humour est distillé avec subtilité ce qui écarte la dimension dramatique de l’histoire. Victoria doit défendre son ami accusé de meurtre et le seul témoin de la scène est….son chien! A l’aide d’un expert canin, ce dalmatien va participer au procès ce qui va casser le côté rigide de la procédure et apporter une touche de fantaisie.

Ce dernier participe activement au procès, avec un expert canin pour démontrer son rôle déterminant dans ce drame. Un grain de folie qui n’est pas le seul : Victoria reçoit des anonymes « chopés » sur internet pour du sexe « sans prise de tête » ; Sam (Vincent Lacoste) le dealer qu’elle héberge redouble de maladresse et d’inutilité, autant d’éléments qui nous mettent le sourire au lèvre.

Autant de situations légères qui démontrent les qualité de réalisatrice de Justine Triet qui pour l’instant n’avait proposé que « La bataille de Solférino » discrètement présenté au festival de Cannes en 2013.

Un tremplin pour tous

Si ce film est une égalable surprise grâce à ce ton aigre doux, et ses situations « sans filtre », il n’en reste pas moins un tremplin pour Vincent Lacoste et Virginie Effra. Un pas vers le cinéma d’auteur et surtout l’occasion de s’illustrer dans autre chose qu’une pure comédie légère.

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V. Effira s’est plutôt illustrée dans des productions légères – « Un homme à la hauteur », « Caprice », « une famille à louer », « 20 ans d’écart » – et offre ici enfin une réelle palette d’émotion et une sensibilité à fleur de peau. Une bonne occasion de se détacher une fois pour toute de l’animatrice découverte sur M6 à l’époque la Nouvelle Star et de s’imposer comme une actrice qui compte.

V. Lacoste découvert via le film « les bogosses » illustre un peu le même schéma, cependant, il n’a pas rencontré le même handicap (la case animateur TV d’Efira), et a pu évoluer vers un cinéma plus « sérieux », notamment dans « Journal d’une femme de chambre‘, « Hippocrate », ou encre « Saint amour« , sans pour autant être débaucher pour des rôles plus nuancés comme ici celui de Sam.

Une belle victoire pour ce duo atypique, tous deux un peu cloisonnés dans des rôles jusqu’à présent calqués sur leur image et leur caractère : la jolie blonde séductrice, et le jeune bobo nonchalant. Souhaitons leur le meilleur avec ce nouveau long métrage qui vaut le déplacement.

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Hello ! Je suis NémÔ, le p’tit nouvÔ !
Fan de bons plans, j’écris pour vous les dernières astuces que je dégote sur tout le web pour vous permettre de profiter des meilleurs plans moins cher. Sinon, j’adore le ciné. Je ne rate donc pas une occasion de vous donner mon avis sur les dernières sorties du moment. Allez… on plonge ?

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