Qu’est-ce-que la méditation ? Par Christophe André #1

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Qu’est-ce-que la méditation ? Par Christophe André #1
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Le 14 octobre dernier, j’étais à l’Alhambra pour assister à une initiation à la méditation, grâce à Rencontres-perspectives qui propose de super conférences.

Voici un art de vivre auquel je m’initie depuis quelques temps, plutôt par moi-même. J’ai dernièrement effectué ma première méditation en groupe.

De 9h à 17h, Christophe André, référence incontestée dans le domaine, a accompagné une salle de 580 personnes, sold out depuis près d’un mois, dans cette démarche.

J’avais envie de vous retranscrire ce que j’ai pu y apprendre, dans cet article. Mais pour un souci de volume d’information, je découperai cette rétrospective en plusieurs articles thématisés.

Commençons donc par une définition la méditation, dépassons les pré-jugés pour savoir de quoi il s’agit, vraiment.

Conférence Christophe André méditation

Petite histoire de la méditation

Les humains méditent depuis plus de 2500 ans dans le cadre de la spiritualité.

Dans les années ’60 la méditation transcendantale est devenue tendance, très prisée hippies. Nous héritons donc aujourd’hui d’une certaine idée de la méditation : une méthode d’ « illuminés », d’une certaine manière.

Dans les années 1970, le médecin Jon Kabat Zinn s’intéresse à la méditation et tente de la laïciser. Pour cela, il cherche des validations scientifiques à ces pratiques pour faire entrer la méditation dans le monde du soin.

C’est notamment grâce aux neurosciences contemplatives que cela fut possible. On a alors étudié l’activité cérébrale des méditants. C’est à partir d’observations et de comparaisons de l’activité de certaines zones cérébrales que les scientifiques ont pu déduire des effets de la méditation sur la santé.

Jon Kabat Zinn fonda alors la Clinique de Réduction du Stress et le centre pour la pleine conscience en médecine de l’université médicale du Massachusetts, et la méditation s’est de plus en plus démocratisée dans le monde occidental, depuis les années ’90.

La méditation: une solution aux maux du siècle

Environnemental dans le sens où elle est envisagée comme une « solution » aux effets secondaires des progrès technologiques engendrés lors des dernières décennies.

Constat: il est de plus en plus rare de disposer de moments de calme, de silence, sans être interrompu.

Le problème que l’on souhaite résoudre, c’est celui de la dispersion. La dispersion fait que l’on perd notre concentration et cela altère la capacité spontanée de notre cerveau à se calmer. La dispersion, c’est comme le sucre: facile et bon. Mais attention !

Par exemple, les écrans constamment allumés, les alertes sur le portable, un coup de téléphone qui vient « casser » le rythme de ce que l’on est en train de faire… A quel moment ne faisons-nous rien ? Vraiment rien ?

Ces temps de calme sont importants, car des études ont montrées que pendant que l’on pense « ne rien faire », le cerveau stimule des zones spécifiques qui ne le sont pas habituellement. C’est le réseau par défaut (temps contemplatifs, présence eveillée et non réactive au monde). Il a beaucoup de fonctions: traitement des infos vécues dans la journée, leçons, etc.

En ignorant ces temps de calme, on « endort » ces zones, qui ne fonctionnent donc plus. On ignore encore les effets de cela sur les générations X, Y et Z, mais on sait que cela génère des troubles attentionnels (entendre sans écouter, ne pas retenir, être là en pensant à autre chose, etc.).

La méditation est une réponse à ce constat. S’il y a une vogue pour la méditation, ce n’est pas pour le marketing, c’est parce qu’il y a un vrai besoin dans un monde qui évolue vers le digital et que si on ne procède pas aux ajustements psychologiques on va perdre nos capacités à faire un bon usage de ces technologies.

Voici quelques solutions pour faire bon usage des écrans :

  • Ne pas trop s’y exposer pour exercer un contrôle du stimulus
  • Contrôler la réponse au stimulus : ne pas répondre tout de suite. La méditation le permet.
  • Prendre des temps de « non action » en préservant leur continuité, pour simplement s’arrêter, observer, ne rien faire. Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, le cerveau ne serait pas multi-tâches. Ménageons-le : une chose à la fois.

En d’autres termes, la méditation vise à donner à l’esprit des nourritures que la vie a oublié de nous offrir depuis des années, notamment en milieu urbain.

Définition : la méditation est un sport

La méditation peut avoir le sens d’une longue et profonde réflexion intellectuelle, au sens de la philisophie antique : « Méditer sur un projet, sur un problème ».

Il ne s’agit pas de cela ici.

A noter : il existe plusieurs méthodes et courant pour cela. On parle des méditations. Celle qui nous intéresse est la méditation en pleine conscience.

Dans le cadre de la philosophie orientale, la méditation est un état de présence intense, mais une présence non réactive. Je ne réagis pas, j’observe simplement mes pensées, sans y répondre, y obéir.

Christo^he André qu'est ce que la méditation

Comme le sport, qui est une activité physique, la méditation est une activité du cerveau. L’une fait du bien au corps, l’autre à l’esprit.

Comme le sport, il ne suffit pas de le décider pour se mettre à la méditation et obtenir des résultats. C’est aussi un entrainement quotidien de l’esprit.

Dans le sport on cherche à atteindre un certain bien-être du corps, à se « décharger ». En méditation, on cherche la pacification intellectuelle, la lucidité, d’apprendre de nouveaux réflexes à notre esprit formaté par une certaine « façon de penser » et d’y réagir.

Sport + Méditation = sans doute le meilleur cocktail de bonne santé que l’on puisse souhaiter !

Ne pas se fier aux idées reçues sur la méditation

La méditation, c’est faire le vide – FAUX !

C’est plutôt l’inverse ! On va à la rencontre de son tumulte intérieur, on s’y confronte on agit consciemment sur elles. Ainsi fuit-on nos souffrances et contradictions en les affrontant, puis, en s’en détachant.

La force de la méditation en pleine conscience réside dans ce rythme d’affrontement et de détachement. On n’occulte pas, on n’efface pas… a contrario : on ne rumine pas !

La méditation, c’est ce couper du monde pour s’en protéger – FAUX !

La méditation en pleine conscience c’est, au contraire, se relier au monde. Mais de manière plus apaisée, plus lucide, avec davantage de paix intérieur.

On ne se laisse pas aller à un trop plein d’émotions qui peuvent altérer le jugement. Du moins, on les affronte, on s’en détache et ensuite on se relie au monde pour agir pour les causes qui nous tiennent à coeur.

La méditation, c’est pour être zen – FAUX !

La méditation peut aider à atteindre un certain apaisement, dans le sens où il s’agit de supprimer les oscillations émotionnelles.

Il s’agit d’en prendre conscience pour ne pas les ressasser, les muscler.

Mais le « zen » n’est pas un vocabulaire adapté. Il s’agit d’une école de méditation très exigeante qui n’est pas du tout cool ! C’est en fait la plus martiale.

Méditation en pleine conscience Christophe André

Concrètement, la méditation, ça apporte quoi ?

La stabilisation émotionnelle. Comprendre comment fonctionne notre attention et la maîtriser. La méditation, c’est s’arrêter d’agir.

Régulation des émotions et impulsions – nos émotions sont précieuses mais souvent elles sont dérégulées: trop longues, trop explosives… Il ne s’agit pas de ne plus ressentir, mais d’avoir moins d’embrasement, mobilisant de nombreuses de pathologies.

Les méditants gardent la tête froide: ils ont une capacité de voir comment faire plutôt que d’être stressé, en colère, angoissé, etc. Il s’agit de réagir face aux impulsions.

Préserver notre santé – suite à une étude, la qualité de réponse immunitaire est meilleure chez les méditants que chez les non méditants.

Exemple 1 : Les télomères sont les capuchons qui protègent le bout des chromosomes pour éviter de les user lors de leur duplication. Mais avec l’âge et le style de vie (stress, choc, etc) les télomères s’usent, ce qui accélère le vieillissement cellulaire. Chez les méditants intensifs (6h/jr pendant 3 mois) on voit qu’il y a une meilleure préservation de ces télomères, et donc, moins de vieillissement.

Exemple 2 : les gênes du stress ou de l’inflammation (héréditaires) peuvent être désactivés grâce à la méditation régulière.

Exemple 3 : les rechutes dépressives peut-être stoppées par la méditation, qui obtient des effets aussi efficaces que la prise régulière d’anti-dépresseurs.

Méditer : une solution miracle ?

La méditation n’est pas la panacée, ni une méthode miracle ou magique. C’est un moyen.

Un moyen d’améliorer les choses si on accepte de l’intégrer notre style de vie, pour préserver notre santé.

Méfiance tout de même : le concept de méditation ne fait aucun bien. C’est la pratique régulière qui génère des effets. Il n’y a pas ou très peu de contre-indication.

La méditation n’est pas un savoir, c’est une pratique.

Effets indésirables de la méditation :

  • Un tueur en série sera un meilleur tueur en série en méditant.
  • La méditation n’est pas une secte. Mais les sectes peuvent proposer de la méditation.

Je vous propose très vite un article sur les pratiques de méditation en pleine conscience proposées par Christophe André dans sa conférence, et notamment quelques exercices.

A suivre…

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CléÔ, c'est mon pseudo, ici et ailleurs dans ce grand bocal qu'est le Web. Utilisatrice frénétique du point d'exclamation, je me plais dans les grandes Ô ! pleines de spontanéité ;) Webworker au quotidien, je partage ici, avec vous, les sujets pour lesquels je me sens comme un poisson dans l'eau, sans complexe ni contrainte... Bienvenue dans ma bulle !

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