Retour sur l’expo Les fêtes galantes

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Avez-vous entendu parler de l’exposition « Les fêtes galantes », de Watteau à Fragonnard ? Ayant lieu au sublime musée Jacquemart-André, cette exposition est d’une splendeur artistique qui rappelle les impressionnistes, tant les scènes décrites inspirent bonheur, sérénité, et bien être.

Terminée la semaine dernière, je vous emmène faire le voyage à travers les fêtes galantes du XVIIIème siècle en images, pour voyager, cette fois, dans le temps…

Musée Jacquemart André

L’exposition Les fêtes Galantes, de Watteau à Fragonard

C’est Fragonard qui m’a mis la puce à l’oreille… Autant détestais-je ce nom suite à la visite des usines de parfums à Grâce où j’ai été estourbie par toutes les fragrances, autant j’étais tombée amoureuse de Les hasards heureux de l’escarpolette lors de ma visite de la fameuse Wallace Collection à Londres, où il était exposé. Restée en extase devant cette image, le titre de l’exposition parisienne a donc fait « tilt ».

Fragonnard, les hasards heureux de l'escarpolette

Cela m’a finalement permis de découvrir tout un courant auquel je ne l’aurais pas associé de prime abord : le rococo, ou l’art de la frivolité. Les « fêtes galantes » est le nom d’un genre artistique,  pour classer les tableaux de Watteau. Ses contemporains ont alors repris ce genre très inspirant. En effet, Verlaine, par exemple, a écrit un recueil de poèmes portant le nom de « Fêtes galantes » :

Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur
L’amour vainqueur et la vie opportune
Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d’extase les jets d’eau,
Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres.

Clair de Lune, Fêtes galantes, Paul Verlaine

L'école de l'amour, Boucher

François Boucher (1703-1770) – Pastorale – Huile sur toile, 64,5 x 81 cm – Karlsruhe, Staatliche Kunsthalle
© Staatliche Kunsthalle Karlsruhe

Au gré de la visite du musée Jacquemart-André, je reconnais alors la touche de François Boucher, dont les oeuvres m’attirent également. Ce qui est agréable, c’est cette sensation de bonheur illimité, et tous ces détails qui permettent de rester des heures devant le tableau en imaginant l’ensemble de l’histoire qui l’entoure. C’est une peinture de l’imaginaire.

Ainsi, l’exposition se divise en 8 temps :

  1. Antoine Watteau,  aux origines de la Fête galante

  2. Lancret, Pater… l’épanouissement du genre

  3. Watteau, le processus créatif

  4. De l’imaginaire vers la réalité

  5. Raffinement et exotisme

  6. Boucher et Fragonard, les derniers maîtres de la Fête galante
Boucher, les charmes de la vie champêtre

François Boucher (1703-1770) – L’Ecole de l’amitié – Huile sur toile, 64 x 80,5 cm – Karlsruhe, Staatliche Kunsthalle
© Staatliche Kunsthalle Karlsruhe

Outre la légèreté du genre, on retrouve dans ces oeuvres tous les codes de la bonne société, mais aussi une photographie de la mode de l’époque. Parallèlement, il y a une double lecture à ces oeuvres. Au premier plan, c’est bien sûr la frivolité des classes aisées de l’époque. Mais en arrière plan, on peut aussi y lire une sorte de fatalité, comme si cette joie de vivre n’était pas éternelle. Comme si, il fallait en profiter avant de voir arriver une nouvelle ère…

Lancret, Fête Galante avec la Camargo dansant avec un partenaire

Nicolas Lancret (1690-1743) – Fête Galante avec la Camargo dansant avec un partenaire – Vers 1727-1728, huile sur toile, 76,2 x 106,7 cm – National Gallery of art, Washington, Andrew W. Mellon collection
© Courtesy National Gallery of Art, Washington

 

Le musée Jacquemart-André : une perle d’Histoire

Si cette exposition est terminée, ne vous privez surtout pas d’aller au musée Jacquemart-André, qui m’a rappelé la visite de la Wallace Collection à Londres, que je vous conseille sans hésitation.

C’est en fait un hôtel particulier insoupçonnable depuis le boulevard Haussmann, caché par une gigantesque porte cochère. Entrez, empruntez le petit chemin de graviers et découvrez une cour sans pareil, donnant sur un bâtiment des plus charmants.

Musée jacquemart-André

A l’intérieur, la richesse des lieux inspire le respect. Comme tout hôtel particulier, il ne faut pas perdre de vue qu’il fut habité depuis 1868. D’ailleurs, au gré de la visite, vous découvrirez les appartements de Monsieur et Madame Jacquemart-André, mais aussi le petit patio, le fumoir et bien d’autres pièces d’époque, meublée par de fabuleux trésors de marqueterie et autres styles.

Comme pour la Wallace collection, cette demeure fut celle de collectionneurs, d’où l’intérêt des pièces qui y sont exposées. A découvrir absolument.

musée Jacquemart André

En bonus : découvrez le restaurant et sirotez un « tea-time » en terrasse par beau temps (11€ pour un thé et une pâtisserie).

Carnet d’adresse :
158 Boulevard Haussmann, 75 0008 Paris / Entrée : 12€
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CléÔ, c'est mon pseudo, ici et ailleurs dans ce grand bocal qu'est le Web. Utilisatrice frénétique du point d'exclamation, je me plais dans les grandes Ô ! pleines de spontanéité ;) Webworker au quotidien, je partage ici, avec vous, les sujets pour lesquels je me sens comme un poisson dans l'eau, sans complexe ni contrainte... Bienvenue dans ma bulle !

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