Juste la fin du monde : juste pas très convaincu…

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Juste la fin du monde : juste pas très convaincu…
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LE Film tend attendu, grand prix du festival de Cannes arrive enfin en salle. Aucune surprise que de découvrir qui est aux manettes de cette production un poil intello, avec un casting 4 étoiles : Xavier Dolan. Après nous avoir touché avec « Mommy« , surpris avec le déroutant « Tom à la ferme« , ou encore émue en douceur avec « Les amants imaginaires« , il propose ici l’adaptation d’une pièce de théâtre de Jean-Luc Lagarce.

L’histoire est axé sur le retour d’un fils –Louis –Gaspard Ulliel – dans sa famille, après de nombreuses années. Un retour pour leur annoncé qu’il va mourir, mais les siens ne lui laisseront peu de répits pour se confier. Entre jalousie, non-dits, incompréhension, chacun tente de renouer, le temps d’un déjeuner avec cet « inconnu ».

Mon avis sur « Juste la fin du monde »

Un casting exceptionnel réunissant Vincent Cassel, Marion Cotillard, Nathalie Baye, Gaspard Ulliel et Léa Seydoux, c’est déjà une raison suffisante pour aller voir le film. Cette histoire d’un fils de retour dans sa famille le temps d’une journée, venu pour leur annoncer qu’il est condamné ne m’a que partiellement convaincu.

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Outre une troupe d’acteurs vraiment exceptionnelle, et une réalisation très soignée – focus sur les visages, création d’une atmosphère tendue  je n’ai pas été touché pleinement par ce drame pourtant rondement mené. Le procédé qui consiste à transposer une création théâtrale au cinéma, n’est en général pas ma tasse de thé : les dialogues doivent être à mon sens retranscrits avec la fluidité d’un langage « parlé », et moins intellectualisés.

On retrouve ici cet écueil avec des répliques longues, et tortueuses, des cheminements de pensées approximatifs – bien que poétiques – ce qui laisse peut de place au vécu des personnages et leur psychologie. Ce n’est cependant qu’un élément accessoire face à la virtuosité de la réalisation, et au jeu époustouflant des acteurs. Libre à chacun d’apprécier ou non ce type de cinéma. Une transposition qui ne m’a pas totalement conquis.

Appréciation globale ★★★☆☆

Scénario ★★☆☆☆
Jeu d’acteurs, crédibilité ★★★★☆
Ambiance & esthétique visuelle et sonore ★★★★☆

La musique

Si le film se distingue par un décor champêtre, des musiques contemporaines et fortes, la pièce écrite en 1990 est avant tout figé dans le temps et reste très libre dans son interprétation ne serait-ce qu’en termes de décors et d’atmosphère. On retrouve ici la patte de Nolan, qui choisi comme pour la plupart de ses films, le montage, le choix des musiques, des plans, et parfois même participe à la conception des costumes.

Des choix audacieux, qui peuvent dérouter comme la musique : la scène finale se déroule sur une musique de Moby, une autre scène qui relate un souvenir d’une journée ensoleillée dans les champs pour le héros est rythmée par le titre d’O-Zone (Dragostea din tei)! Des à-côtés excentriques qui cassent le sérieux de cette pièce, mais avec brio.

Une quête de sens vaine?

La pièce est avant tout la quête de sens d’un individu eu bord du précipice, de comprendre ce qu’il est via ce dialogue à sens unique avec les siens. Ces « échanges » sont d’ailleurs davantage des réflexions sur le sens de la vie, les membres de cette famille s’expriment maladroitement, longuement, eux-aussi, peinent à trouver leurs mots face à cette situation inédite.

Ce Louis, quasi muet le long du film navigue dans ses souvenirs, les odeurs, les sensations, les moments narrés par sa mère (Nathalie Baye), mais laisse peu d’indices sur l’issue de cette quête de vérité. C’est en cela que le film manque d’épaisseur.

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On attendrait justement à basculer véritablement dans la psychologie de son personnage, et de lire entre les lignes de tous ces « non dits », sous entendus et balbutiements de ses protagonistes. Une lecture assez lisse hélas, et c’est bien dommage.

La part de vécu l’auteur et celle du réalisateur

Jean Luc Lagarce offre une œuvre relativement complexe, mais empreint certainement d’un peu de sa vie et de lui-même. Le thème du retour est récurant dans ses œuvres, et l’inéluctable également, des thèmes également cher à Nolan notamment avec Mommy ou dans J’ai tué ma mère.

Des réalisations fortes en émotions avec des protagonistes dans une dynamique d’autodestruction, c’est le sel de ses films et ce qui caractérise l’intensité de son cinéma.

Des thèmes qui lui sont précieux et que Lagarce côtoie également, une œuvre donc que Nolan n’a pas choisi par hasard.
Egalement, l’homosexualité et ou l’ambiguïté sexuelle genres sont des thèmes aussi très présent dans les œuvres du réalisateur. Une « problématique » qui lui est cher, et qu’il aborde systématiquement dans ses extrêmes (le changement de sexe d’un homme en couple, dans « Laurence Anyways »).

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Et dans « Juste la fin… », Louis est homosexuel, les conditions de sa mort futur dans le film laisse plané le doute quand à ce qu’il en sera vraiment la cause. Ce personnage anxieux, solitaire, de 34 ans, en quête de vérités est peut être un peu de Lagarce, un peu de Nolan. Sachant que Lagarce est mort à 38 ans du sida, le parallèle avec le personnage de Louis est plutôt évident.

Des concomitances de thématiques qui forment un pont entre ces deux artistes, qui tentent tout deux d’exprimer de multiples sentiments : le souvenir, la nostalgie, la solitude, la difficulté de dialoguer avec ceux qu’on aime. Un prisme complexe ou chacun peut s’y reconnaître à travers une situation, un proche, une crainte.

C’est là ou ces 2 œuvres se rejoignent, sur ce point, en revanche l’engagement de Nolan face à la différence est absent de ce film. Un projet trop gros, un casting trois étoiles, et au final une production très lisse et léché et un manque de « vérité » à travers ce film.

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Hello ! Je suis NémÔ, le p’tit nouvÔ !
Fan de bons plans, j’écris pour vous les dernières astuces que je dégote sur tout le web pour vous permettre de profiter des meilleurs plans moins cher. Sinon, j’adore le ciné. Je ne rate donc pas une occasion de vous donner mon avis sur les dernières sorties du moment. Allez… on plonge ?

Un commentaire

  1. Bonjour. J’avais vraiment envie de visionner ce film. Je l’ai vu à l’affiche au Festival de Cannes et depuis, j’attends qu’il soit disponible. En tout cas, merci pour la bande-annonce et ton avis. Je te donnerai le mien bientôt 😉

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