« Souvenir » : a t-on vraiment envie de s’en souvenir ?

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« Souvenir » : a t-on vraiment envie de s’en souvenir ?
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L’incontournable Isabelle Huppert est de retour au cinéma !

Après un succès fulgurant avec le thriller de Paul Verhoeven « Elle » encensé par la critique, et même la scène internationale – 3 nomination au Festival de Cannes / 2 nominations au Golden Globes / 3 nominations à l’European Film Awards – Huppert renoue avec des films de plus petites envergures, « Lavenir », « Tout de suite et maintenant » lui ont offert des rôles plus conventionnels, avec plus ou moins de succès.

« Souvenir », nouveau long métrage de Bavo Defurne, un réalisateur belge, qui débute (si l’on peut dire) ne m’a pas convaincu, malgré le talent d’Huppert, et le souhait évident du réalisateur de la sublimé.

Le peach : Une chanteuse qui a connu le succès le temps d’un titre lors de l’eurovision dans les années 70 va rencontré un jeune boxeur. Il va la convaincre de tenter un come-back.

Mon avis sur « Souvenir » :

Cette bluette malheureusement peut crédible entre une femme la cinquantaine passée et une jeune homme d’une vingtaine d’année ne m’a pas touché malgré une esthétique soignée, et de belles interprétations. Un des gros bémols de ce film déjà bancal reste Isabelle Huppert.

Une bonne partie du film est chantée, compétence qu’elle n’a clairement pas, offrant ainsi des prestations scéniques relativement médiocres avec une voix fluette et une absence scénique déroutante. S’ajoute à cela, quelques problèmes de cohésion au scénario et un réel souci de temporalité (volontaire?) : en bref, un « raté global» malgré une histoire qui sur le papier aurait pu faire rêver.

Hupper qui chante, mais pourquoi ?

La déception n°1 de ce film réside dans le choix de l’héroïne principale : Isabelle Huppert. L’actrice émérite et acclamée par la profession a clairement souhaité se lancer un nouveau défis…et quel défis ! Incarner une star de la chanson des années 70 implique de solides capacités vocales, ce qu’elle n’a clairement pas ! Tout le long du film, on la retrouve au piano chez elle, au micro sur une scène marmonner les paroles légères de son nouveau tube.

L’air absente, les yeux dans le vague, un filet de voix à peine audible à la limite du faux, clairement, une erreur de casting à mon sens, bien que par ailleurs, on retrouve de grandes performances d’actrice. C’est dommage car cette femme entre deux décennies, perdue, en mal d’amour, de succès, et de reconnaissance rappelle les nombreux rôles teintés de mélancolie qu’elle a occupée au cinéma.

Mais, ici il manque nettement quelque chose pour que la mayonnaise prenne…

Le temps en suspend – incohérences et mièvrerie

Dans l’appartement de cette chanteuse oubliée, le temps s’est arrêté. Un mobilier vintage, un lecteur de disque vinyle, un téléviseur cathodique en noir et blanc, des couleurs marrons, kamel, kaky, typique des années 70 et cette femme, paumée, seule avec un sérieux penchant pour l’alcool. Évincée de la scène musicale suite à l’arrêt de sa collaboration avec son manager de l’époque, elle a stoppée sa carrière et travaille désormais dans une usine de pâte (sisi).

Une telle transition reste moyennement crédible… Elle ne partage absolument rien avec ses collègues de travail et sa « véritable identité » est ignorée. Une vie fade, triste, réglée par ses horaires de travail et rien d’autre jusqu’à cette rencontre. Ce jeune boxeur campé par l’adorable Kevin Azaîs que l’on ne présente plus – « La belle saison », « Les combattants », « Le ciel et la Terre » – est un jeune boxeur qui vient travailler quelques mois dans cette usine ou il y fait sa rencontre et la reconnaît immédiatement.

Un décalage certain entre deux générations, entre deux vies complètement différentes, et carrément entre deux époques ? C’est là ou je me suis interrogé sur l’intention réelle du réalisateur.

Le film est censé se déroulé fin des années 70, l’appartement de cette femme en témoigne, mais d’un autre côté, le jeune boxeur a des loisirs des années 2000, la maison de ses parents est moderne, et pour couronner le tout, les deux tourtereaux s’appellent avec des téléphones portables !

Et lorsqu’un concours de champs est organisé, il s’agit d’un jury typiquement des années 70, Isabelle Huppert est alors vêtu d’une longue robe avec imprimée (mode de l’époque). Ces deux personnages sont donc peut être chacun bloqué dans deux univers distincts et ne peuvent s’aimer dans cette vie ? Chacun attend des choses différentes et n’évolue pas dans la même sphère ?

Ces écarts d’environnements sont des clins d’œil à la différence d’âge qui les sépare ? A la carrière resté au point mort de cette chanteuse ?

On s’installe dès le début dans une histoire qui comporte des éléments bancals, et une certaine mièvrerie émerge de cette histoire téléphonée et peu crédible sur ce couple improbable.

La B.O. signée Pink Martini enfonce encore plus cette bluette dans la mauvaise direction. Un manque de cohésion sur divers plans qui dessert le film au plus haut point… C’est certain, on en gardera pas un souvenir impérissable !

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Hello ! Je suis NémÔ, le p'tit nouvÔ ! Fan de bons plans, j'écris pour vous les dernières astuces que je dégote sur tout le web pour vous permettre de profiter des meilleurs plans moins cher. Sinon, j'adore le ciné. Je ne rate donc pas une occasion de vous donner mon avis sur les dernières sorties du moment. Allez... on plonge ?

Un commentaire

  1. Les films d’Isabelle Huppert ont marqué mon adolescence, car ma mère est une grande fan de cette actrice. Je suis sûre qu’elle sera ravie de savoir qu’elle va bientôt la retrouver à l’écran. Merci pour ce partage.

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