Démolition : un film pour se reconstruire

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Démolition : un film pour se reconstruire
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Jake Gyllenhaal dans un 1er rôle et dans une réalisation canadienne, c’est un bon début non ? Très certainement grâce à Jean Marc Vallée, brillant réalisateur à qui l’on doit « Dallas Buyers » Club avec Mattew McConaughey (2013) ou encore « Wild » avec Reese Witherspoon (2014). Spécialiste des drames existentiels et des destins brisés, on est en droit d’attendre un film d’une belle intensité…et c’est plutôt le cas !

Davis, banquier d’affaire émérite tente de traverser un moment difficile. Sa femme est morte suite à un accident de voiture dans lequel il a survécu. Épaulé par son beau-père – également son patron – il ne parvient pas à refaire surface. Il envoie un jour une lettre de plainte, suivi d’autres courriers à une société de distributeurs automatiques, attirant ainsi l’attention de Karen, unique conseillère clientèle de cette société.

Mon avis sur « Démolition »

Appréciation globale  ★★★★

  • Scénario ★★★☆☆
  • Jeu d’acteurs, crédibilité ★★★★
  • Ambiance & esthétique visuelle et sonore ★★★★★

Démolition, un film qui se veut un drame à la base, mais au final, le thème de ce dernier (la dépression) est abordé tout autrement. On assiste au réveil tardif d’un financier trop longtemps enfermé dans une vie guindée, imperméable à toute émotion forte. Contrairement à ce que l’on pourrait penser face à une telle situation, son pygmalion – la conseillère clientèle – n’est pas l’exemple idéal pour le « guérir ».  Très vite complice avec le fils de cette femme, il devient alors l’oncle qui n’a plus toute sa tête que le père absent dont il a cruellement besoin.

Ce trio aussi étrange soit-il va permettre au personnage principal, Davis, de se sentir de nouveau vivant. Une renaissance forte servie par un film finement réalisé avec une BO très sympa et des seconds rôles impressionnants. On en ressort grandi !

Démolition, vous reconstruit et vous propose même de quoi renforcer les fondations!

La face cachée d’une vie de rêve

La dépression de Davis s’apparente dans une bonne partie du film à une mauvaise passe. On rejette ici l’idée d’une dépression passive au fond du lit, à n’exprimer son désespoir qu’à travers ses larmes et ses cachets.

Loin du chagrin que peut lui causer la perte de sa femme qui ne lui manque pas (ou presque), ce drame est l’occasion d’une remise en question. Un moyen de faire l’état des lieux de sa vie. En clair, une sorte de renaissance qui lui permet de ré-apprendre à contempler le monde à sa façon.

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Tout détruire pour tout reconstruire

Symboliser cette colère et ce désarroi par une obsession de casser, détruire, ou simplement voir l’intérieur d’un objet, est une forme de rejet du matérialisme. Ce matérialise est ce qui le caractérise lui, son mariage, son train de vie, et par-dessus tout son emploi capitaliste. Une vie qu’il n’a pas choisie, une perfection « en apparence » qu’il veut égratigner. Une spirale étrange qui le mène à « détruire un mur » ou « démonter des objets ».

Cet homme robotisé, guidé par son travail, et marié par convention, sans passion lui est étranger. Et par ce processus de « destruction », il tente de retrouver ces émotions, cet enthousiasme et cette insouciance qui le caractérisait autrefois. Ressentir à nouveau les choses, et vivre sans réfléchir.

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L’insouciance passée, retrouvée ?

C’est le fils de 15 ans de Karen – la conseillère clientèle jouée par la toujours parfaite Naomi Watts – lui-même à la dérive, qui permet à Davis de reprendre goût à la vie. Une manière également pour cet homme désarcené de se foutre du qu’en diras t-on en agissant sous les yeux de cet ado, sans être juger, et guider dans ses choix comme cela a toujours été le cas.

L’adolescent, subjugué par le lâcher-prise extrême du héro et se laisse prendre au jeu. On ne peut pourtant pas dire que ce soit un exemple à suivre ! Mais on jubile devant cette folie retrouvée. J’ai particulièrement adoré le moment où il réceptionne un bulldozer afin de détruire la maison d’architecte construite pour son mariage… et cela pour notre plus grand plaisir !

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Fan de bons plans, j’écris pour vous les dernières astuces que je dégote sur tout le web pour vous permettre de profiter des meilleurs plans moins cher. Sinon, j’adore le ciné. Je ne rate donc pas une occasion de vous donner mon avis sur les dernières sorties du moment. Allez… on plonge ?

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