Boulevard : Une dernière perle avant de partir…

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Boulevard : Une dernière perle avant de partir…
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S’il y a bien un acteur culte U.S. qui a bercé notre enfance avec des films « familiaux », c’est bien Robin Williams, disparu il y a quelques semaines déjà. De « Jumanbji », en passant par « Madame Doubtfire » et « Hook », il a toujours su nous faire rire, nous émouvoir, et incarne à lui tout seul une certaine idée du divertissement américain des années 90. Alors quoi de plus naturel que de lui rendre hommage, en jetant un œil à son dernier film, un drame sur un sujet délicat, ou il exprime une dernière fois l’étendue de son talent, vous aussi, venez emprunter ce « Boulevard »…

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Robin Williams est ici Nolan, employé dans une agence bancaire au même poste depuis des années, il vit avec sa femme Joy. Ils font chambre à part depuis des années, au grand désarroi de Joy. Indifférent à une promotion, usé par ce quotidien routinier, il sent que sa vie est ailleurs. Un soir, il fait la rencontre de Léo, jeune prostitué paumé, l’occasion pour Nolan de rattraper le temps perdu, et peut être de ne plus se mentir…

Mon avis sur « Boulevard »

Un Robin Williams incroyable de justesse, qui nous livre une grande performance. Un homme triste, désincarné, qui n’a plus de repères qui lui permettent d’être heureux et épanoui. Ce « Nolan » est un « anti héro » qui peine à trouver sa place,  et accepter ce qu’il est.

On peut se demander si cette détresse du personnage à l’écran ne retranscrit pas celle de cet acteur absent d’Hollywood depuis la fin des années 90.

Un film sobre, parfois froid, qui dépeint l’itinéraire d’un américain moyen qui n’a pas su trouver son chemin, un moment d’émotion, certainement dû également au décès tout récent de l’acteur.

Appréciation globale  ★★★★

  • Scénario ★★★☆
  • Jeu d’acteurs, crédibilité ★★★★
  • Ambiance & esthétique visuelle et sonore ★★★★☆

Je regrette cependant que cette renaissance du personnage soit traitée d’une manière aussi conventionnelle et sage. Une histoire telle aurait peut-être mérité plus de profondeur psychologique et une plus grande dramaturgie, ce « Nolan » change, tente de vivre ce qu’il n’a pas vécu, mais n’implose pas, ne se transcende pas. Un drame touchant mais très « lisse ».

A qui donner son affection ?

Nolan est tiraillé entre de nombreux sentiments. Un tourbillon complexe dont il peine à comprendre les rouages.

A son père proche de la fin ?

Son père est en train de mourir, un paternel capricieux, qui nécessitait une attention quotidienne particulière. Son départ ne peut qu’affecter Nolan qui s’en occupait mieux que sa femme. La rencontre avec Léo va lui permettre de reporter cette affection, s’occuper de nouveau de quelqu’un. Pas de sexe, de l’affection, de l’attention, une présence qui lui manque cruellement. Une projection partielle bien sûr, puisque le fond reste son goût pour les hommes, tendance qu’il n’a jamais su accepté.

A sa femme ?

Livrée à elle-même, Joy peine à trouver une forme d’affection de son mari. Distant, il se refuse à planifier un voyage avec elle, ou tout simplement à s’impliquer dans sa vie de couple, ou le partage et la complicité n’ont plus leur place. Joy, sait et a toujours su, elle exige cependant de cet homme ce qu’il ne peut lui donner. Le couple n’a pas d’enfant, ce qui renforce la nécessité d’une vie de couple réelle. Nolan se voit exigé ce qu’il ne peut plus donner, à une femme qui « sait, » mais qui préfère avancer avec des œillères plutôt que regarder la triste vérité en face.

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A Léo ?

Ce prostitué vivant dans un squat miteux en bordure de route est martyrisé par son « proxénète ». Fauché, abandonné, sans famille, son désespoir saute aux yeux de Nolan en quête d’affection. Fauché, paumé, il laisse entrevoir un semblant. Il recherche une certaine affection, un soutien, mais tiraillé avec cette vie déséquilibrée, et les intentions floues de Nolan à son égard, il ne parvient pas à se lier à lui. Comme dit l’expression « fuis-moi je te suis, suis-moi, je te fuis », le chassé-croisé Nolan/ Léo va frustré de nouveau Nolan qui ne parvient pas à se confronter à la dure réalité, à savoir : Léo ne veut pas de lui, il est juste seul, en détresse, et ne cherche pas à comprendre la position de Nolan.

Une palette d’émotions qui donne corps à ce personnage terne, effacé, hésitant, que Robin Williams parvient à dompter avec brio. Le film n’est plus dans les salles, il n’y a plus qu’à attendre la très prochaine sortie DVD pour vous faire une idée de notre Robin, cette fois-ci dans un drame pur.

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Hello ! Je suis NémÔ, le p'tit nouvÔ ! Fan de bons plans, j'écris pour vous les dernières astuces que je dégote sur tout le web pour vous permettre de profiter des meilleurs plans moins cher. Sinon, j'adore le ciné. Je ne rate donc pas une occasion de vous donner mon avis sur les dernières sorties du moment. Allez... on plonge ?

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