« Votre maman » ou quand on approche de la fin…

0
« Votre maman » ou quand on approche de la fin…
5 4 votes

Peu de pièces au théâtre ont déjà abordé ce douloureux sujet qu’est celui de la vieillesse. L’actrice principale Catherine Hiegel que l’on a pu voir à de nombreuses reprises au cinéma avait déjà endossé ce rôle de mère en perdition, en fin de vie, délaissée dans la pièce de Floriant Zeller « La Mère ».

Avec le Molière de la meilleure actrice en 2010, elle convainc sans difficulté, de ce difficile rapport mère-fils et de l’éloignement qui en résulte plus la vie avance, et les chemins de chacun se séparent. On retrouve de nouveau cette actrice emblématique ici dans un rôle dans la même trempe, âpre, mélancolique et touchant. Une petite histoire universelle qui peut arriver à n’importe quelle famille, voilà pourquoi on ne peut y rester insensible… 

Le peach : Une femme d’un certain âge reçoit les visites de son fils. Elle le confond souvent avec le directeur et ces après-midi ne sont pas de tout repos. Quiproquos, tensions, les situations sont parfois drôles, mais peut être plus pour longtemps.

Mon avis sur Votre Maman, au théâtre

Une pièce assez courte (moins d’une heure) qui propose une belle réflexion sur le temps qui passe, les affres de la vieillesse, et les rapports parents / enfants qui se détériorent.

La finesse du texte ici se repose beaucoup sur les visages et les mimiques de chacun, l’expression « un regard qui en dit long » est particulièrement appropriée pour qualifier le rapport entre ce fils un peu « benêt », et cette femme dure et tendre à la fois.

Des petits sourires complices, des yeux écarquillés vides de sens, un malaise qui l’installe face à l’incompréhension d’une situation évidente, le décalage des générations, le renfermement sur soi que peut amener ces structures (maisons de retraite), autant d’éléments qui nous interrogent sur notre rapport à la vieillesse, aux émotions passées… Un très beau moment de théâtre porté par un grand duo d’acteurs.

Un décor brut qui ne m’a pas gêné

Habituellement, j’accorde une grande importance au décor d’une pièce.  Le décor c’est le point d’ancrage de la pièce, il en détermine, le ton, l’époque, le nombre de personnages, parfois mêmes, les rebondissements, et la mise en scène.

Et lorsque ces éléments ne sont pas présents, je trouve qu’on peine à se projeter véritablement dans une histoire. Dans ce type de configuration brut (dépourvu d’un décor riche), les acteurs ont la lourde tâche de porter un univers, d’en déterminer, les contours, les émotions, l’atmosphère. Le texte et les talents des acteurs sur scène sont alors primordiaux.

Ici on retrouve le décor basique d’un couloir de maison de retraite, une chaise roulante et…c’est tout ! Un décor minimaliste blanc, sans fioritures, qui laisse les talents s’exprimer. On peut penser que c’est une nécessité, puisque ce lieu froid, et vide de sens qu’est une maison de retraire, est bien souvent aussi aseptisé qu’un hôpital. Un chemin vers la mort ou s’y rencontre plusieurs générations

Cette froideur participe ici au texte qui se veut sensible, parfois drôle parfois tragique et donc mets en exergue ce fabuleux duo d’acteurs, et ce climat d’attente pour cette femme usée et ce fils dans l’incompréhension.

La place de l’institution dans l’accompagnement vers la fin

Cette pièce pose aussi la question de l’accompagnement des personnes en fin de vie. Un des personnages clés de cette pièce reste le directeur de l’hôpital, l’interlocuteur privilégié de ce fils qui vient voir sa mère. 

A la fois pygmalion concernant l’avenir de cette femme, et représentant de l’institution qui en a la charge (et est payée pour cela), il incarne une certaine un entre deux entre la vie et la mort. Avec une certaine rigidité, il dépeint les rebondissements de la vie morne de cette femme et est l’annonceur de la dégradation de sa santé mentale. Et lorsque l’impensable se produit, quoi de plus naturel de la part du fils de « s’acharner » sur cette homme qui se veut l’emblème de cette fin de vie. 

Par le choix d’un tel établissement, il y a une nécessité de contrôle notamment sur la santé, la sociabilité, la sécurité matérielle et physique, une recherche de réponses et de certitudes dans un domaine ou il ne peut définitivement plus en avoir.

La pièce amène également une réflexion sur la place des instituions de processus d’accompagnement des personnes en fin de vie et ce que l’on peut leur conférer comme importance dans ce rôle, et peut être à en oublier l’essentiel.

Aller voir la pièce de théâtre Votre Maman

Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin 75 018 Paris

Jusqu’au 18 juin 2017. Tous les jours sauf le lundi et du 12 au 15 juin. 19h en semaine et 16h les dimanches.

Accè ligne de métro 2 : Barbès Rochechouart ou ligne de métro 12 : Pigalle

entre 18.10€ et 38.10€

profitez des tarifs préférentiels de Billetréduc!

Share.

About Author

Hello ! Je suis NémÔ, le p’tit nouvÔ !
Fan de bons plans, j’écris pour vous les dernières astuces que je dégote sur tout le web pour vous permettre de profiter des meilleurs plans moins cher. Sinon, j’adore le ciné. Je ne rate donc pas une occasion de vous donner mon avis sur les dernières sorties du moment. Allez… on plonge ?

Leave A Reply