Acting : jouer est tout un art

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Acting : jouer est tout un art
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Parmi les perles théâtrales de cette fin d’année, beaucoup de pièces avec des têtes d’affiches connues.. Elles viennent bien souvent du cinéma, et redorent ainsi leur blason lors d’un passage à vide, l’absence de « rôles fort » sur grand écran…

Ce n’est hélas pas toujours de véritables choix artistiques, et bien souvent des opportunités stratégiques pour regagner l’aval du public pour regagner les salles obscures. L’exemple d’Alexandra Lamy en 2014 dans « la vénus au phacochère » ou actuellement Isabelle Carré qui s’offre également une parenthèse seule en scène dans « Le sourire d’Audrey Hepburn » au théâtre de l’Ouvre montre clairement l’ampleur de ce phénomène.

Plutôt surprenant donc de retrouver le monument Niels Arestrup, l’incontournable et très « bankable » Kad Mérad, ainsi que humoriste aux multiples casquettes Patric Bosso dans une même pièce ! Et pour le coup c’est une excellente surprise !

Le peach : Robert, metteur en scène se retrouve en prison suite à sa condamnation pour meurtre. Il partage alors une cellule avec deux acolytes : Gepetto, un petit expert comptable médiocre, ainsi qu’Horace, un tueur qui ne dit pas un mot de la journée.

Gepetto aurait voulu être acteur, mais ne possède pas les qualités pour l’être. Robert va s’atteler et le faire devenir l’acteur le plus crédible qui soit…

Mon avis sur « Acting »

Une pièce forte qui mêle humour et émotion avec des rôles relativement complexes. Malgré un environnement lugubre – la prison – le personnage de Geppetto, bête et docile apporte de la légèreté à cette situation contraignante qui lie ces 3 personnages. On assiste à de véritables cours de comédie entre les mains expertes d’un Niels Arestrup – metteur en scène, professeur de comédie à la vie – exceptionnel, et on en oublie ce contexte carcéral dur et sans âme.

Un décor évolutif et une issue inattendue ne pourront que vous laisser sans voix face à cette œuvre théâtrale forte portée par des acteurs pleinement au service de l’émotion pur. Mention particulière à Patrick Bosso qui propose une prestation scénique épatante, et cela avec une seule phrase en 2h de spectacle ! A ne pas louper pour les férues de théâtre…

Jouer la comédie ou l’art de se mettre à nu

Gepetto (Kad Merad) est un petit escroc sans grande envergure mais qui porte des fêlures que Robert (Niels Arestrup) souhaite exploité à des fins de jeu d’acteur. Comme le dit ce dernier dans le spectacle – il faut que mettre « toutes tes émotions dans une boite et savoir les ressortir au moment opportun » (quand il est dans un rôle).
C’est en cela le propre de l’acteur : pioché dans son vécu, son ressenti pour transcender un texte, se l’approprier, et être un autre le temps d’une scène. Dans la pièce, cette vision des choses est clairement retranscrite, Robert pousse Gepetto a être un plus qu’une émotion, une expression, comme quand il lui dit d’être…un citron ! Une sensation, une aspérité, un goût, une odeur…

Extirper ce que l’on a au fond de soi, et le retranscrire à travers la comédie n’est pas tâche aisée. ’Il s’agit de se dévoiler, de revivre ce qui est plaisant mais aussi ce qui ne l’a pas toujours été, en cela : « se mettre à nu ». Et cette métaphore prend réellement forme dans ce spectacle puisque Kad Merad, n’hésite pas à suivre Robert dans cette logique en récitant une tirade nu sur la scène (ou presque!). C’est justement là que l’on reconnaît une véritable performance d’acteur!

Un théâtre n’est pas un cinéma et la proximité avec le public est réelle, s’offrir ainsi laisse place à l’étonnement, et une part de loufoque. Une fois ce prisme du corps écarté, l’acteur laisse place à ce que son texte exprime, et l’on est happé uniquement par cela. On en oublie qu’il s’agit d’un quinqua nu loin d’être un apollon face à nous sur scène.

Une présence scénique inquiétante

Un des clou de cette pièce aux multiples facettes, reste le rôle de Patrick Bosso. Muet quasiment tout le long de la pièce, il échange tout de même avec ses deux compagnons de cellules, par des gestes, des expressions.

Sa présence inquiétante, cet air à la fois absent et grave laisse présager qu’il va faire quelque chose de mal, ou tout du moins qu’il peut perdre le contrôle de cette neutralité à tout moment. La boule à zéro, le marcel blanc, et cette moue inexpressive, Bosso issu nous dévoile ses talents d’acteurs dans une pièce qui justement ne parle que de l’art de jouer la comédie, là ou justement son jeu à lui se résume en une présence scénique.
Un tour de force qu’il réussi avec brio. Car il ne s’agit pas seulement d’un compère muet, le personnage d’Horace est un catalyseur de tensions entre Robert et Geppetto, et de part ce mystère qui l’entoure, il véhicule une atmosphère particulière.

Une façon pour l’auteur de nous rappeler que l’on est en prison et non dans un cours de théâtre. Il y a un moment dans la pièce ou le décor change et met en avant le cours de comédie improvisé par Robert. Grâce à la magie de l’actor studio, on en oublie presque ou évolue les personnages, et Horace permet de garder une part sur cette réalité carcérale., et de donner une certaine gravité aux situations. Un élément clé de la pièce qui encre une réalité lorsque l’on s’en éloigne sans difficulté.

En conclusion : un excellent moment de théâtre avec un casting de choix, ne vous laisser par rebuter par l’univers carcéral de la pièce qui reste accessoire, et venez expérimenter « Acting » !

Voir la pièce Acting

Théâtre des Bouffes Parisiens, 4 Rue Monsigny, 75002 Paris

Du mardi au dimanche à 21h, jusqu’au 28 janvier 2017

Métro 4 septembre (l.3) ou Richelieu Drouot (l.9)

De 20€ à 69€ selon la catégorie.

Promotion actuelle sur le mois de janvier (hors week-end) : de 15€ à 55€ selon la catégorie

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Hello ! Je suis NémÔ, le p'tit nouvÔ ! Fan de bons plans, j'écris pour vous les dernières astuces que je dégote sur tout le web pour vous permettre de profiter des meilleurs plans moins cher. Sinon, j'adore le ciné. Je ne rate donc pas une occasion de vous donner mon avis sur les dernières sorties du moment. Allez... on plonge ?

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